Touriste de Julien Blanc-Gras et Mademoiselle Caroline (BD)

Touriste de Julien Blanc GrasHello les bouquineurs et bouquineuses de passage !

Ah, j’ai toujours mon rythme de tortue pour publier des billets. Débutons néanmoins ce mois de Mars en beauté avec une dernière petite BD.

J’avais entendu beaucoup de bien du roman Touriste de Julien Blanc-Gras, mais comme je ne l’ai pas trouvé à la médiathèque, je me suis contentée d’embarquer son adaptation en BD.

Frustrée ?
Pas tant que çà…

Mais de quoi çà parle ?

« Certains veulent faire de leur vie une oeuvre d’art, je compte en faire un long voyage. 
Je n’ai pas l’intention de me proclamer explorateur.

Touriste, ça me suffit. »

Un ouvrage venu, selon les propres termes du narrateur, d’une véritable « pathologie géographique ». Tout petit déjà, alors que ses congénères sombrent dans les bras de Morphée avec un ours ou autre peluche,  lui ne s’endort qu’avec un ballon gonflable et translucide, un petit globe terrestre comme doudou en somme. Un enfant accro au monde et surtout, à sa découverte.

Devenu adulte, il décide tout simplement de vivre sa vie en parcourant la planète. Cette BD est le récit d’une partie (je suppose) de ses différents voyages. Sous forme d’épisodes, le narrateur nous raconte ses expériences en Amérique du Sud (la Colombie, le Brésil), en Asie (l’Inde et le Népal, la Chine et l’impossibilité de passer au Tibet) mais également l’Afrique (le Mozambique, la Maroc et la Tunisie). Et puis, cet incroyable et triste épisode à Madagascar.

Sans être manichéen, Lire la suite »

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Polina de Bastien Vivès

Polina bastien vivesHello les bouquineurs et bouquineuses de passage !

Avant de me replonger sérieusement dans les romans (Delphine de Vigan, me voilà !), je continue sur ma lancée « découvrons l’univers de la BD ».

Et là, quelle bonne idée j’ai eu de poursuivre avec Polina de Bastien Vivès.

Non mais cette couverture n’est-elle pas juste à tomber (et un peu flippante aussi non) ?!

Un petit aperçu sur la 4ème de couv pour vous mettre l’eau à la bouche :

« Il faut être souple si vous voulez espérer un jour devenir danseuse.
Si vous n’êtes pas souple à 6 ans, vous le serez encore moins à 16 ans.
La souplesse et la grâce ne s’apprennent pas. C’est un don.
Suivante… » 

Polina est l’histoire d’une jeune danseuse étoile russe. On la suit dès ses 6 ans quand elle auditionne pour intégrer l’école de danse de l’illustre professeur Bojinski, jusqu’à ses ~25-30 ans quand elle est une jeune femme accomplie. On découvre ainsi son parcours guidé par sa passion pour la danse, l’admiration pour son professeur, véritable Pygmalion, puis en grandissant, les choix professionnels qui s’imposent à elle par amour, hasard ou par chance.

De Bastien Vivès, j’avais déjà lu Le goût du chlore dont j’avais aimé le coup de crayon sur le rapport au corps, notamment l’évolution dans l’eau faite d’aisance et de facilité à l’opposé de l’embarras et de la gaucherie dans l’air au sortir de la piscine.

Dans Polina, les illustrations sont différentes : Lire la suite »

Le vie est courte, L’intégrale de Manu Larcenet & Jean-Michel Thiriet

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Hello les bouquineurs de passage !

Marre de déprimer en regardant les infos ? Envie de vous pendre ou de mettre la tête dans le four ? Ta ta ta ta ta, un peu de poîlade de vous fera donc pas de mal !

Est-ce parce que j’ai la concentration d’un bulot cuit en ce moment, mais je ne lis que des BD. Assez inhabituel d’ailleurs vu que je n’y connais franchement rien. Je suis comme qui dirait, un peu une « analphabète » du dessin. Une poule devant un couteau ? Pas loin.
C’est d’autant plus frustrant que je vis avec un vrai fana de BD, biberonné à Astérix et Tintin et qui a grandi avec Thorgal et autres Lanfeust et Trolls de Troy.

Mais ce n’est pas parce qu’on est une quiche en BD qu’on n’a pas le droit de se bidonner. Et Ô Joie, voici l’intégrale de La vie est courte de Manu Larcenet et Thiriet. Une bien chouette série (oeil humide) que je me rappelle avoir découvert début des années 2000 (call me le dinosaure…), époque où Larcenet officiait encore chez Fluide Glacial (Bon j’y connais rien mais j’ai quelques références !)

Très bonne idée donc de l’avoir rééditée en version intégrale. Plus de 200 pages compilant les 3 tomes : Profitons-en, Jusqu’à présent… et Rien ne va plus

En gros : une page, un dessin, un gag. De l’humour plutôt noir. Et de l’absurde, beaucoup.

Trève de bavardages, certains dessins parlent d’eux-mêmes.

 

Et celui-là dont je ne me lasse pas :

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Oui c’est bête hein ! Mais çà me fait toujours marrer !

Est-ce le genre d’humour qui vous fait rire ? Connaissiez-vous Larcenet et Thiriet ?

Note : *****

Un été de Vincent Almendros

Un ete vincent elmendros

Hello les bouquineurs !

Vous avez froid et vous en avez marre de vous prendre des paquets d’eau et de vent dans la figure ?

Pas d’hésitation, embarquez pour ce petit livre Un été de Vincent Almendros, direction l’Italie et la baie de Naples. Dépaysement garanti.

Une jolie découverte de moins de 100 pages, pourquoi se priver ?

Petit coup d’œil sur la quatrième de couv :

Jean, mon frère, venait d’acheter un voilier et m’invitait à passer quelques jours en mer. Je n’étais pas certain que ce soit une bonne idée que nous partions en vacances ensemble.

Quand je dis « nous », je ne pensais pas à Jean.
Je pensais à Jeanne.
À Jeanne et moi.

Un huit-clos sur un bateau en pleine mer. 2 couples amoureux sous le soleil méditerranéen dont 2 frères. Et Jeanne.

Difficile d’en dire plus sans en révéler trop. Qui est Jeanne ? Quelle relation l’unit avec le narrateur et avec son frère Jean ?

Une intrigue dont la révélation ne se fera que dans la toute dernière page, pour ne pas dire les toutes dernières lignes. Et j’avoue que je n’avais pas vu venir la chute malgré quelques indices semés çà et là dans le récit.

À dévorer d’une traite !

Note : *****

Les années douces T2 de Taniguchi et Kawakami

les annees douces T2Hello les bouquineurs !

Je ne suis pas vraiment en avance, mais il me reste encore un peu de temps de vous souhaiter une belle année. Qu’elle soit douce, pleine de joies, de bonheurs et de chouettes lectures.

Je ne pouvais pas commencer cette nouvelle année sans évoquer la suite du joli manga dont je vous parlais la dernière fois, Les années douces. Alors ce deuxième tome est-il à la hauteur du premier ?

Aperçu de la 4ème de cette couv :

« Tous les deux nous avions pris le train. Tous les deux nous étions montés dans le bateau. Tous les deux nous étions arrivés dans cette petite auberge… Mais le maître a insisté pour que nous prenions des chambres séparées. »

J’attendais avec impatience que la relation entre Tsukiko et le maître avance et me voilà comblée. Dès le début de ce tome, la jeune femme se découvre petit à petit des sentiments envers le maître. Déception, jalousie et frustration, Tsukiko, d’habitude si impassible, bouillonne. Ses sentiments sont d’autant plus exacerbés que, de son côté, le maître demeure toujours aussi calme et imperturbable. Lire la suite »

Butin de Noël 2015

noel2015

Hello les bouquineurs !

Des mois que je ne suis pas venue alimenter le blog. Il faut dire que les dernières semaines ont été assez moroses. Les fêtes de fin d’année et Noël aidant, un peu de baume est revenu au cœur.

Avant de sauter à pieds joints dans l’année 2016 (et au passage de bien se remplir la panse…), petit point sur les bouquins glissés au pied du sapin par Petit Papa Noël. De chouettes réjouissances en perspectives.

D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan : Prix Renaudot avec une excellente critique et apparemment une histoire prenante. Quant à savoir si elle est véridique ou non, telle sera la question.

L’usage du monde de Nicolas Bouvier : À priori, un très beau récit de voyages, il me tarde de le commencer.

Le charme discret de l’intestin de Giula Enders : Celui-ci, je ne sais pas trop à quoi m’attendre, mais le bouche à oreille est tellement bon, on verra bien !

Avant de lire tout çà, il faut déjà que je vous parle de mes dernières lectures, plutôt bonnes pour la plupart.

En attendant, que vous fêtiez le réveillon en grande pompe ou à la cool version bon film et plaid en pilou, je vous souhaite de passer de bons moments à vous faire plaisir !

À très vite !

Les années douces T1 de Taniguchi et Kawakami

les annees douces
Vous avez demandé une photo mochouille, ne quittez pas…

Hello les bouquineurs !

Une note rapide aujourd’hui pour vous parler d’un bien joli manga. Comment çà « pouah, un manga ! ». Ah mais attendez, ne fuyez pas ! Regardez la sobriété de cette couverture avec ces 2 personnages tout en retenue, et puis, rien que le titre, Les années douces, çà donne envie non ?

Le petit topo de la 4ème de couv ?

« Siroter du saké, l’un à côté de l’autre, dans notre habituel troquet… c’est plutôt cela notre style de rencontre. Je dis « rencontre », mais en fait, nous ne nous fixons pas rendez-vous. Nous nous retrouvons par hasard, à la même heure, au même endroit. »

Une accroche qui m’a d’emblée conquise : Qui était ce « couple » qui se retrouvait par hasard ? Pourquoi se voyaient-ils, qu’y avait-il entre eux ? C’est toute l’intrigue de ce premier tome.

Tsukiko est une jeune femme de 37 ans. Célibataire, sans enfant, elle vit seule et a un peu de mal avec les hommes. Non qu’elle soit repoussante, mais un peu trop cérébrale, elle ne se laisse pas trop débordée par la pasiòn. Mais elle aime bien sortir le soir dans les bars pour boire un petit coup, s’enivrer, manger un bon petit plat. Au hasard d’une de ses sorties, elle est apostrophée par son ancien professeur de japonais, qu’elle nommera tout au long « le maître », de 30 ans son aîné. Appréciant la présence réciproque de l’autre, ils se rencontreront de plus en plus fréquemment.

Je ne sais pas ce qui m’a le plus plu dans ce livre : l’ambiance imprégnée de nostalgie, la grande solitude de ces 2 êtres qui se trouvent et qui prennent plaisir à passer du temps ensemble pour partager des choses simples : un verre de saké chaud, des plats savoureux ou des anecdotes de vie.

Bon, il faut être honnête, il ne se passe pas mille choses dans ce livre. Le récit se concentre avant tout sur la relation entre le maître et son ancien élève, dépeignant le quotidien plutôt banal de nos 2 anti-héros. Évocation de souvenirs, contemplation de la nature, l’histoire prend son temps, avance doucement, à l’instar des sentiments de nos deux compères.

Ce manga, inspiré du roman de Hiromi Kawakami, a été mis en images par Jirô Taniguchi. Je ne suis pas du tout une experte en dessin, mais je me disais bien que le trait me disait quelque chose. Et effectivement, il s’agit du mangata qui a fait Quartier Lointain, dont on retrouve un peu la nostalgie d’ailleurs.

Une fois terminé, j’ai été un peu triste de fermer ce livre, gagnée par cette mélancolie ambiante. J’avais envie de rester avec Tsukiko et le maître, de savoir sur quoi leur relation allait aboutir : relation amoureuse ? amitié ?

Je viens d’emprunter la suite, je vous en parle très vite !

Note :*****

La gaieté de Justine Lévy

la gaiete Justine LevyPendant les vacances, folie douce, j’ai pris ma carte à la médiathèque. Bon, en soi, çà n’a rien d’exceptionnel, mais après mon petit caca nerveux de la dernière fois, c’est un bon moyen de me motiver à lire plus (magie de la date butoir !) et de sortir un peu de ma zone de confort avec des titres que je n’achèterais pas forcément.

En flânant au milieu des rayonnages, mes yeux se sont posés sur cette couverture noire : Une photo, un titre La gaieté et une auteure, Justine Lévy, dont j’avais lu il y a longtemps le premier roman Rien de grave qui ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable. Pas plus convaincue que çà, j’ai retourné le bouquin et parcouru la 4ème de couverture.

Et là, la claque :

« C’est le paradis, c’est mon paradis, je ne sais pus rien de la politique, des livres qui paraissent, des films, des projets de Pablo, de l’autre vie, la leur, c’est comme un jeûne, une ascèse puéricultrice, c’est comme si j’avais été opérée de ma vie d’avant, je ne sais pas si çà reviendra, je ne sais même pas si je le souhaite, j’adore cette nouvelle vie de mère de famille un peu débile mais résignée, les jours cousus les uns aux autres par l’habitude et la routine, je me voue entière à mes enfants, je les tiens fort dans mes bras, je les tiens fort par la main, et bien sûr qu’eux aussi me tiennent et qu’ils m’empêchent de tomber, de vriller, bien sûr qu’eux aussi me rassurent, me comblent, me protègent et me procurent cette joie bizarre, assez proche de la tristesse peut-être, parce que je vois bien que ce n’est plus seulement de l’amour, çà, au fond, c’est de l’anéantissement. »

Boum, identification directe, j’ai eu envie de le dévorer de suite. Un roman sur la parentalité qui vous engloutit, qui vous noie presque, je pourrai ne lire que çà en ce moment.

L’histoire ? Louise est une nana bien bien dépressive. Elle a essayé tous les anxiolytiques possibles, de même que les drogues et autres alternatives pour contenir sa tristesse. Jusqu’au jour où, tombant  enceinte, elle décide de ne plus laisser filtrer une once de mélancolie, de n’avoir plus qu’une seule ligne de conduite : la gaieté à transmettre à ses enfants. Cela ne se fait pas sans encombres car la tristesse, fourbe, attend patiemment, cherchant n’importe quel interstice pour se glisser à nouveau dans la vie de Louise. Une odeur, un souvenir, tout peut être prétexte à la brèche. Et des brèches, il y en a des tonnes possibles car Louise a eu une enfance sombre et triste : des parents séparés, un père flamboyant mais absent, une mère « camée » en permanence, des brimades de la part d’une ribambelle de belles mères. Lire la suite »