Petits plats de résistance de Pascale Pujol

petits plats resistance pujolHello les bouquineurs et bouquineuses de passage !

En ce moment, je suis d’humeur un peu chafouine (comment çà, çà ne vous intéresse pas !?). Disons plutôt qu’une lecture un peu insolite et rigolote était la bienvenue.

Je ne sais plus trop comment j’ai entendu parler de Petits plats de résistance de Pascale Pujol, sorti parmi les quelques 500 livres de la dernière rentrée littéraire. Mais le pitch  me disait bien.

Un envie ravivée par cette toute première phrase du roman qui démarrait sur les chapeaux de roue :

« Si Karine Becker avait mieux maîtrisé la méthode Ogino, rien de tout ce qui suit ne serait arrivé. »

Mais quel pitch au fait?
Cette fameuse Karine Becker n’est autre que la collègue en congé maternité de notre héroïne, Sandrine Cordier. Cette dernière, conseillère à Pôle Emploi est submergée de travail et de cynisme. Dès le départ, le livre est politiquement incorrect : Sandrine Cordier est particulièrement antipathique, autocentrée et opportuniste. Elle traque, non sans un certain déplaisir d’ailleurs, le chômeur qu’elle juge tire-au-flanc pour le radier. Passionnée de cuisine, elle décide d’ouvrir son restaurant non sans profiter au passage des magouilles des différents personnages qu’elle rencontre.

Autant vous le dire d’emblée, j’ai été plutôt déçue par ce roman.

Pourtant, çà partait hyper bien, j’ai adhéré instantanément au côté mordant et à la plume enlevée et légèrement acide de l’auteure. Dès les premières pages, ce livre avait quelque chose de savoureux : une certaine truculence dans le ton, beaucoup d’humour avec des passages très drôles et quelques phrases claquantes. Le premier chapitre est, à ce titre, particulièrement réjouissant.

Puis l’intrigue se développe, le roman se construit et déroule avec lui sa (longue) galerie de personnages. Et là, me voilà bien embêtée.Lire la suite »

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La gaieté de Justine Lévy

la gaiete Justine LevyPendant les vacances, folie douce, j’ai pris ma carte à la médiathèque. Bon, en soi, çà n’a rien d’exceptionnel, mais après mon petit caca nerveux de la dernière fois, c’est un bon moyen de me motiver à lire plus (magie de la date butoir !) et de sortir un peu de ma zone de confort avec des titres que je n’achèterais pas forcément.

En flânant au milieu des rayonnages, mes yeux se sont posés sur cette couverture noire : Une photo, un titre La gaieté et une auteure, Justine Lévy, dont j’avais lu il y a longtemps le premier roman Rien de grave qui ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable. Pas plus convaincue que çà, j’ai retourné le bouquin et parcouru la 4ème de couverture.

Et là, la claque :

« C’est le paradis, c’est mon paradis, je ne sais pus rien de la politique, des livres qui paraissent, des films, des projets de Pablo, de l’autre vie, la leur, c’est comme un jeûne, une ascèse puéricultrice, c’est comme si j’avais été opérée de ma vie d’avant, je ne sais pas si çà reviendra, je ne sais même pas si je le souhaite, j’adore cette nouvelle vie de mère de famille un peu débile mais résignée, les jours cousus les uns aux autres par l’habitude et la routine, je me voue entière à mes enfants, je les tiens fort dans mes bras, je les tiens fort par la main, et bien sûr qu’eux aussi me tiennent et qu’ils m’empêchent de tomber, de vriller, bien sûr qu’eux aussi me rassurent, me comblent, me protègent et me procurent cette joie bizarre, assez proche de la tristesse peut-être, parce que je vois bien que ce n’est plus seulement de l’amour, çà, au fond, c’est de l’anéantissement. »

Boum, identification directe, j’ai eu envie de le dévorer de suite. Un roman sur la parentalité qui vous engloutit, qui vous noie presque, je pourrai ne lire que çà en ce moment.

L’histoire ? Louise est une nana bien bien dépressive. Elle a essayé tous les anxiolytiques possibles, de même que les drogues et autres alternatives pour contenir sa tristesse. Jusqu’au jour où, tombant  enceinte, elle décide de ne plus laisser filtrer une once de mélancolie, de n’avoir plus qu’une seule ligne de conduite : la gaieté à transmettre à ses enfants. Cela ne se fait pas sans encombres car la tristesse, fourbe, attend patiemment, cherchant n’importe quel interstice pour se glisser à nouveau dans la vie de Louise. Une odeur, un souvenir, tout peut être prétexte à la brèche. Et des brèches, il y en a des tonnes possibles car Louise a eu une enfance sombre et triste : des parents séparés, un père flamboyant mais absent, une mère « camée » en permanence, des brimades de la part d’une ribambelle de belles mères. Lire la suite »

Avant j’avais une vie, maintenant j’ai des enfants de Candice Kornberg Anzel

avant vie maintenant enfants

Pour rester dans le thème « Nos enfants, ces relous du quotidien qu’on aime quand même », voici un petit livre plein d’humour, acheté sur un coup de tête (après une intense journée passée à brailler comme une sorcière sur ma marmaille championne en filouteries).

Le pitch ?

Femmes enceintes, futurs papas, jeunes parents débordés, parents d’ado ou rands-parents gagas ? Ce livre est fait pour vous – enfin si vous avez de l’humour et de l’autodérision… car dans cette fresque familiale, tout le monde a le droit à son coup de pinceau !

Des interviews loufoques aux questions (presque) existentielles de parents, en passant par des lettres ouvertes de trentenaires ou encore le classement des arnaques de mômes, voici une balade de chroniques décalées en billets décapants. Un panorama de la vie de famille surprenant, réjouissant et toujours attendrissant…
Vous vous y reconnaîtrez forcément !

De l’interview de Oui-Oui ou de Doudou Lapinou aux phrases cultes que l’on répète 100 fois par jour ou au traducteur d’expressions maternelles, le livre se veut volontairement déculpabilisant, et çà, pour la vraie mère indigne que je suis, c’était carrément ce dont j’avais besoin…

L’auteure, qui fait preuve de beaucoup d’autodérision il est vrai, a également sollicité la plume d’autres blogueurs « parents » ainsi que les commentaires de ses propres lectrices et lecteurs.

Si tous les ingrédients sont là pour passer un bon moment et se sentir moins seul en tant que parent débordé (et un peu désabusé dans mon cas), je ne pense pas que je conseillerai le livre à une copine. Pourquoi ? Parce qu’il y a un petit quelque chose qui manquait pour me laisser embarquer totalement. C’est très drôle par moments, mais c’est aussi parfois beaucoup moins bien croqué avec des chroniques ou des billets d’humeur un peu caricaturaux sur l’art de la parentalité et la vie avant/après enfants. Alors peut être est-ce parce que le livre se lit plutôt comme un blog, avec des jours où l’on est plus inspiré que d’autres… je ne sais pas.

D’autant que je suis plutôt bonne cliente de ce genre de livres… J’avais adoré L’Antiguide de la mode de Charlotte Moreau, dont la plume était un peu plus enlevée et mordante… Peut-être était ce petit plus qui manquait ici ?

Je suis d’autant plus mitigée qu’il y a des chroniques vraiment funs et bien senties telles que La véritable histoire de Babar qui raconte comment le célèbre éléphant a escroqué la vieille dame (qui apparemment souffrait d’Alzheimer ce qui éclaircirait beaucoup de choses selon moi) ou la comparaison entre la crise de la trentaine et celle du terrible two qui montre que les parents ne supportent pas beaucoup mieux la frustration que leurs bambins.

Un avis plutôt en demi-teinte donc…

Note : *****

13 à table ! Collectif au profit des Restos du coeur

 13 a table restos

Pioufff… Des semaines, que dis-je ! Des mois que ce pauvre blog est laissé à l’abandon et croupit sous une abondante couche de poussière. « Liberté d’expression j’écris ton nom » que je scandais dans mon dernier post, encore faudrait-il prendre le temps de se saisir de son clavier…

Et pour vous parler de quoi en plus ? D’un petit livre qui n’est pas vraiment le dernier Goncourt, mais qui n’est tout de même pas complètement dénué de qualités.

13 à table ! donc, un petit recueil de nouvelles écrites par des auteurs très connus (et gros vendeurs) au profit des Restos du cœur. Lire la suite »

Bébé Boum de Josée Bournival

bebe boum

Alors que la rentrée n’est plus qu’un lointain souvenir, que les feuilles d’automne se ramassent à la pelle et que l’on se tâte sérieusement à rallumer le chauffage, voici un petit retour sur une de mes dernières lectures de vacances. Quelque chose de léger, prêté par une bonne âme abonnée à France Loisirs (même si par principe, je ne suis pas du tout fan du concept de France Loisirs, j’ai embarqué le bouquin sans trop rechigner… aucun principe la fille…)

Alors, Bébé Boum, le pitch ?

Lili, enceinte pour la première fois, imagine ses neufs prochains mois comme un conte de fées. Pour Esther, c’est plus délicat… Elle attend un petit troisième d’un mari… vasectomisé ! Ce n’est pas mieux pour Frédérique : comment savoir lequel de ses deux amants est le père ? Pour Jeannine, en revanche, une nouvelle grossesse serait une indispensable rédemption…
Quatre femmes, quatre personnalités, pour un enchaînement de situations savoureuses, de sautes d’hormones cocasses et de rebondissements incessants !

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Un avion sans elle de Michel Bussi

Voici un livre que j’avais de nombreuses fois vu en rayon, pris puis reposé et finalement repris en me disant que çà ferait une très bonne lecture de vacances !

avion sans elle

Ce qu’en dit la 4ème de couverture ?

23 décembre 1980. Un crash d’avion dans le Jura. Une petite libellule de 3 mois tombe du ciel, orpheline. Deux familles que tout oppose se la disputent. La justice tranche : elle sera Émilie Vitral. Aujourd’hui, elle a 18 ans, la vie devant elle mais des questions plein la tête. Qui est-elle vraiment ?

Dix-huit ans que Crédule Grand-Duc, détective privé, se pose la même question. Alors qu’il s’apprête à abandonner, la vérité surgit devant ses yeux, qu’il referme aussitôt, assassiné.

Il ne reste plus qu’un vieux carnet de notes, des souvenirs, et Marc, son frère, pour découvrir la vérité…

Et bien, petite surprise pour moi qui n’avait pas lu le résumé en entier (je m’étais arrêtée à chaque fois aux 2 familles qui se disputent), il s’agit avant tout d’un polar, un genre que je n’avais plus trop lu depuis quelques années. Lire la suite »

Une place à prendre de J.K Rowling

Voici un livre que j’avais reçu à Noël dernier et que j’ai enfin pu lire :

place prendre

A vrai dire, je découvre J.K Rowling, n’étant pas vraiment familière de la saga Harry Potter, en dehors des adaptations cinématographiques (sachant que je n’ai pas vu tous les films et parfois dans le désordre… )

Alors quid de ce livre ?

Bienvenue à Pagford, petite bourgade en apparence idyllique. Un notable meurt. Sa place est à prendre…

Comédie de mœurs, tragédie teintée d’humour noir, satire féroce de nos hypocrisies sociales et intimes, ce premier roman pour adultes se révèle sous un jour inattendu un écrivain prodige.

Bon j’avoue que j’ai été assez décontenancée par le contenu de ce livre. Je m’attendais à un récit nettement plus comique où l’humour anglais ferait mouche à chaque réplique, un peu dans la même veine que le film Joyeuses Funérailles… et bien, pas du tout.

A vrai dire, ce livre m’a filé un peu le bourdon. Sur la 4ème de couverture, mes yeux avaient un peu glissés devant le terme « tragédie », et pourtant, c’est bien çà, alors que j’étais plus partie sur une comédie dramatique.

Pagford est une commune coquette, voisine de la cité miteuse des Champs de Yarvil, chacune regorgeant de sordides histoires de famille. Tromperies, adoption, viol, inceste, père de famille violent qui tabasse femme et enfants… de lourds secrets qui vont être révélés suite au décès d’un notable, Barry Fairbrother, personnalité à la fois aimée et décriée par la communauté.

On suit la vie des différentes familles de Pagford et de la cité des champs, qu’il s’agisse des parents, grands parents ou encore des enfants adolescents qui fréquentent le même établissement scolaire.

Une histoire qui montre qu’on ne connait pas totalement ses voisins, notamment ce qui se passe dans chaque foyer une fois les portes et volets fermés.

Alors oui, c’est très bien écrit, l’histoire tient bien la route, mais c’était tellement loin et sombre de ce à quoi je m’attendais, que je ne sais pas si je le conseillerai à mes proches.

Note : *****

Le bûcher des vanités de Tom Wolfe

Voici un titre que j’avais mis dans ma liste de livres depuis bien longtemps (au même titre que Moby Dick et Belle du seigneur que j’essaierai de lire un jour…) et que j’ai trouvé par hasard au détour d’un rayon de la Fn*c.

bucher vanités

Quelle est l’histoire ?

Et bien cela change, mais je me suis lancée dans ce livre, sans trop savoir de quoi tout cela retournait, vu qu’il n’y avait pas de résumé, juste des critiques très élogieuses sur le caractère indispensable de l’ouvrage.

On suit la descente aux enfers du personnage de Sherman McCoy, un trader de Wall Street qui vit sur Park Avenue et se prend un peu pour le nombril du monde. Tellement, qu’il s’est d’ailleurs auto proclamé « Maître de l’Univers », vu qu’il brasse des millions de dollars quotidiennement. Sherman trompe sa femme avec la magnifique et impétueuse Maria, jeunette arriviste mariée à un vieux riche libidineux Arthur Ruskin. Mais un jour, en ramenant sa maitresse de l’aéroport, le couple adultère se perd dans le Bronx avec sa grosse Mercedes et renverse un jeune noir. Paniqués à l’idée d’être agressés et dépouillés dans ce quartier mal famé, les 2 compères prennent la fuite.

Voilà le point de départ d’où vont converger les destinées des différents protagonistes de l’histoire. Car cet accident va être instrumentalisé pour servir les desseins des politiques en place. Sur fond de ré-élections, de jeux de pouvoir et d’argent, Sherman McCoy va voir sa douce existence se désintégrer, le tout savamment orchestré par la presse et les médias.

On suivra ainsi Peter Fallow, journaliste mondain en perte de vitesse et qui a sombré dans l’alcoolisme, prendre cette affaire à bras le corps et déclencher une vraie vindicte journalistique, sous la houlette de personnages plus influents que lui. De même, Larry Kramer, un substitut du procureur aigri et frustré de travailler dans le Bronx tout en vivant dans un clapier de Manhattan, aura une large place dans l’histoire. Envieux de la richesse qu’il entrevoit mais dont il ne profite pas dans son quartier, il tentera lui aussi de combattre son complexe d’infériorité en se démenant à la barre pour faire plonger Sherman McCoy.

Sur fond de brassage multi ethnique, de racisme latent, d’écarts de classes sociales, ce livre se veut dense et foisonnant et dresse un portrait sans concession du New York des années 80 – 90. Il pointe également les travers de la machine judiciaire, véritable broyeur humain, notamment quand il y  a de gros enjeux médiatiques et politiques.

Mais çà a mis tellement de temps à démarrer (pour tout dire, je l’ai traîné sur plusieurs semaines et n’ai vraiment accroché que vers la 350ème page) que je vais surement le remiser au fond de ma bibliothèque…

Note : *****