Réparer les vivants de Maylis de Kerangal

reparer les vivants maylis de kerangalHello les bouquineurs et bouquineuses de passage !

Finis les atermoiements, il est temps de se remettre en selle… Avant d’aborder mon escapade québécoise, je tenais à vous parler du roman de Maylis de Kerangal, Réparer les vivants, un nom au triste écho en ces temps troublés.

Un livre multi-primé et recommandé de toutes parts qui vient tout juste d’être adapté au cinéma.

Tradition oblige, petit aperçu de la quatrième de couverture avant d’aller plus loin :
(Attention pour ceux et celles qui ne veulent pas se voir dévoiler l’intrigue, passez cette quatrième de couverture car elle en révèle énormément ! ) :

« Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps. »

Réparer les vivants est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour.

Cette quatrième de couverture est d’une justesse rare, on pourrait difficilement mieux résumer le roman de Maylis de Kerangal (voilà, fin du billet, merci de l’avoir lu !).
Plus sérieusement, car le propos n’est tout de même pas léger, Réparer les vivants est un livre qui parle de la mort mais aussi, et surtout, de la vie, de ceux qui restent et de ceux qui se battent pour qu’elle subsiste.

L’histoire commence avec un trio de jeunes surfeurs qui se lèvent aux aurores pour aller braver la vague. Sur le chemin du retour, ivres de  fatigue, ils sortent de la route avec leur van. Deux seulement avaient une ceinture de sécurité, le troisième, Simon, finit dans le pare-prise. Mort cérébrale.

Dès le départ, le diagnostic est posé : Simon est en mort cérébrale, son cerveau n’a plus aucune activité alors que ses organes, dont son cœur, peuvent continuer à fonctionner avec un soutien artificiel. Un candidat parfait pour un éventuel don d’organes. Et c’est tout l’enjeu de la première partie du roman, à la fois annoncer la mort cérébrale de Simon à sa famille tout en abordant la possibilité de prélever ses organes en vue d’une transplantation. On suit dès lors ses parents, Marianne et Sean, séparés qui se retrouvent dans cette douleur, âmes perdues, déboussolées, qui voient leur monde s’écrouler avec l’annonce de la mort de leur fils, accablés par le choc, la sidération, la douleur, la colère, le déni, autant de sentiments qu’ils vont devoir appréhender avec la question du don d’organes.Lire la suite »

Le premier jour du reste de ma vie de Virginie Grimaldi

premier jour du reste ma vie virginie grimaldiHello les bouquineurs de passage !

Plus qu’une poignée de jours avant de reprendre le rythme effréné de la rentrée. L’occasion idéale pour faire un point sur mes dernières lectures de vacances.

Sur le conseil de ma sœur L, j’ai, à mon tour (et encore mille ans après tout le monde), découvert les écrits de Virginie Grimaldi loués un peu partout sur la blogosphère.

Alors, alors, bonne idée de lecture pour passer un chouette moment sur sa serviette de plage ?

Petit point comme d’habitude sur la quatrième de couv :

Marie a tout préparé pour l’anniversaire de son mari : décoration de l’appartement, gâteaux, invités… Tout, y compris une surprise : à quarante ans, elle a décidé de le quitter. Marie a pris « un aller simple pour ailleurs ». Pour elle, c’est maintenant que tout commence. Vivre, enfin. Elle a donc réservé un billet sur un bateau de croisière pour faire le tour du monde. À bord, Marie rencontre deux femmes qui, elles aussi, sont à la croisée des chemins. Au fil de leurs aventures, parfois déjantées, elles pleurent et rient ensemble, à la reconquête du bonheur. Leurs vies à toutes les trois vont être transformées par cet étonnant voyage. 

D’emblée, j’étais un peu réticente et pas trop emballée par un roman se passant sur un bateau de croisière (c’est loin de l’idée que je me fais du paradis), mais bon, ma sœur me l’ayant vendu comme un vrai bon « feel good » bouquin, je l’ai acheté sur la route des vacances : et c’est vrai que çà se lit bien et sans déplaisir qui plus est.

En vrai, j’ai plutôt bien aimé ce livre : l’héroïne est hyper attachante (les références à  Bridget Jones ou encore Love actually me rendent toujours un peu chamallow) et surtout (point très important pour moi), Marie n’est pas une grosse nunuche. Un personnage principal qui a de la répartie, bien que réservé, qui s’est un peu laissé engourdir dans une vie monotone, sans passions et qui décide de tout plaquer pour se (re)découvrir, çà reste toujours tentant.

Alors oui, tous les grands piliers de la chick-lit y sont : le changement de vie, les rencontres incroyables desquelles naissent les amitiés éternelles, l’amouuuur (les fameux mecs odieux qui sont finalement adorables). Mais je ne sais pas, la mayonnaise a bien pris.

Il faut dire que la plume de Virginie Grimaldi y est pour beaucoup : légère et assez tonique, elle permet pas mal de répliques vives et drôles. La gouaille du personnage de Camille est, en ce sens, assez délectable.

Et puis un livre qui cite les paroles des chansons de Jean-Jacques Goldman peut-il être vraiment mauvais ? On est bien d’accord.

En tout cas, merci ma sœur pour ce conseil. J’ai passé un très bon moment à lire les aventures de Marie et ses cops et je me laisserai sûrement tenter par le petit dernier Tu comprendras quand tu seras plus grande.

Et vous, avez-vous eu l’occasion de le lire ?

Catégorie : *****

 

Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand (Spectacle)

Cyrano de bergerac TorretonHello les bouquineurs et bouquineuses de passage !

Ce mois de mai a filé à toute allure, il serait peut être temps d’alimenter un peu ce blog abandonné. Et quoi de mieux pour cette reprise que de partager avec vous mon dernier véritable coup de cœur ! Ce WE, j’ai eu le bonheur d’aller au théâtre pour voir la pièce Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand, classique parmi les classiques, avec dans le rôle phare, le comédien Philippe Torreton.

Et je dois dire que j’ai été soufflée par ce spectacle.

Par la pièce en elle-même et la plume d’Edmond Rostand que je connaissais pas, ne l’ayant (j’avoue !) jamais lue. Je savais plus ou moins les grandes lignes de l’intrigue et la fameuse « tirade des nez » mais ce texte, incroyable, riche, beau, enlevé et foisonnant tout en restant très accessible, cette verve de Cyrano, quel plaisir des mots.

Une pièce écrite à la fin du 19ème siècle à l’humour très présent, que ce soit dans le texte, dans la vivacité des mots, de la répartie dans les répliques mais également dans l’interprétation des comédiens.

Parce qu’il faut le dire, si les acteurs sont vraiment bons dans leurs rôles, la performance de Philippe Torreton incarnant Cyrano est assez impressionnante. Mais quel comédien ! Une telle énergie, une telle puissance dans le jeu, dans l’émotion, et réussir à tenir 3h durant une salle en haleine (sans entracte qui plus est), chapeau bas. De nombreuses critiques l’ont d’ailleurs qualifié de « magistral » dans ce rôle, à très juste titre.

Je ne cache pas que j’ai été un peu déstabilisée au début, la pièce s’ouvrant dans un asile psychiatrique, un peu perdue au milieu de tous ces personnages hébétés en survêtement et marcel. Et après quelques minutes de tâtonnement, où l’on se demande où on est tombé, la magie opère.

Une mise en scène à la fois originale et pleine de modernité et de décalages. Un Juke-box qui délivre une bande son assez folle faite de Queen, d’Elton John en passant par des airs plus classiques. Cyrano qui aide Christian a déclamé sa flamme via un Mac avec un vidéo projecteur comme s’il était en pleine conf call avec la belle Roxane sur écran géant.

Et ce final magnifique où Cyrano tire sa révérence sur cette sublime chanson d’Alain Bashung Comme un Légo. Ah la la, rien que d’y penser, çà me met les poils, quel bel hommage…

Vous l’aurez compris, j’en suis ressortie à la fois heureuse et un peu rincée aussi (parce que 3h, sans entracte, sur les petits sièges de Théâtre de la porte St-Martin, hum, comment dire…) mais incroyablement revigorée par la beauté et la puissance de ce que je venais de voir et d’entendre. Tout cela doublé d’une envie folle de lire la pièce à mon tour. Parce qu’avec l’oral, certains éléments m’ont un peu échappé (çà et un léger coup de pompes dans le dernier tiers de la pièce avec le siège d’Arras).

Et vous, avez-vous eu l’occasion de voir / lire cette pièce ?

Catégorie : *****

Un été de Vincent Almendros

Un ete vincent elmendros

Hello les bouquineurs !

Vous avez froid et vous en avez marre de vous prendre des paquets d’eau et de vent dans la figure ?

Pas d’hésitation, embarquez pour ce petit livre Un été de Vincent Almendros, direction l’Italie et la baie de Naples. Dépaysement garanti.

Une jolie découverte de moins de 100 pages, pourquoi se priver ?

Petit coup d’œil sur la quatrième de couv :

Jean, mon frère, venait d’acheter un voilier et m’invitait à passer quelques jours en mer. Je n’étais pas certain que ce soit une bonne idée que nous partions en vacances ensemble.

Quand je dis « nous », je ne pensais pas à Jean.
Je pensais à Jeanne.
À Jeanne et moi.

Un huit-clos sur un bateau en pleine mer. 2 couples amoureux sous le soleil méditerranéen dont 2 frères. Et Jeanne.

Difficile d’en dire plus sans en révéler trop. Qui est Jeanne ? Quelle relation l’unit avec le narrateur et avec son frère Jean ?

Une intrigue dont la révélation ne se fera que dans la toute dernière page, pour ne pas dire les toutes dernières lignes. Et j’avoue que je n’avais pas vu venir la chute malgré quelques indices semés çà et là dans le récit.

À dévorer d’une traite !

Note : *****

Les années douces T2 de Taniguchi et Kawakami

les annees douces T2Hello les bouquineurs !

Je ne suis pas vraiment en avance, mais il me reste encore un peu de temps de vous souhaiter une belle année. Qu’elle soit douce, pleine de joies, de bonheurs et de chouettes lectures.

Je ne pouvais pas commencer cette nouvelle année sans évoquer la suite du joli manga dont je vous parlais la dernière fois, Les années douces. Alors ce deuxième tome est-il à la hauteur du premier ?

Aperçu de la 4ème de cette couv :

« Tous les deux nous avions pris le train. Tous les deux nous étions montés dans le bateau. Tous les deux nous étions arrivés dans cette petite auberge… Mais le maître a insisté pour que nous prenions des chambres séparées. »

J’attendais avec impatience que la relation entre Tsukiko et le maître avance et me voilà comblée. Dès le début de ce tome, la jeune femme se découvre petit à petit des sentiments envers le maître. Déception, jalousie et frustration, Tsukiko, d’habitude si impassible, bouillonne. Ses sentiments sont d’autant plus exacerbés que, de son côté, le maître demeure toujours aussi calme et imperturbable. Lire la suite »

La gaieté de Justine Lévy

la gaiete Justine LevyPendant les vacances, folie douce, j’ai pris ma carte à la médiathèque. Bon, en soi, çà n’a rien d’exceptionnel, mais après mon petit caca nerveux de la dernière fois, c’est un bon moyen de me motiver à lire plus (magie de la date butoir !) et de sortir un peu de ma zone de confort avec des titres que je n’achèterais pas forcément.

En flânant au milieu des rayonnages, mes yeux se sont posés sur cette couverture noire : Une photo, un titre La gaieté et une auteure, Justine Lévy, dont j’avais lu il y a longtemps le premier roman Rien de grave qui ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable. Pas plus convaincue que çà, j’ai retourné le bouquin et parcouru la 4ème de couverture.

Et là, la claque :

« C’est le paradis, c’est mon paradis, je ne sais pus rien de la politique, des livres qui paraissent, des films, des projets de Pablo, de l’autre vie, la leur, c’est comme un jeûne, une ascèse puéricultrice, c’est comme si j’avais été opérée de ma vie d’avant, je ne sais pas si çà reviendra, je ne sais même pas si je le souhaite, j’adore cette nouvelle vie de mère de famille un peu débile mais résignée, les jours cousus les uns aux autres par l’habitude et la routine, je me voue entière à mes enfants, je les tiens fort dans mes bras, je les tiens fort par la main, et bien sûr qu’eux aussi me tiennent et qu’ils m’empêchent de tomber, de vriller, bien sûr qu’eux aussi me rassurent, me comblent, me protègent et me procurent cette joie bizarre, assez proche de la tristesse peut-être, parce que je vois bien que ce n’est plus seulement de l’amour, çà, au fond, c’est de l’anéantissement. »

Boum, identification directe, j’ai eu envie de le dévorer de suite. Un roman sur la parentalité qui vous engloutit, qui vous noie presque, je pourrai ne lire que çà en ce moment.

L’histoire ? Louise est une nana bien bien dépressive. Elle a essayé tous les anxiolytiques possibles, de même que les drogues et autres alternatives pour contenir sa tristesse. Jusqu’au jour où, tombant  enceinte, elle décide de ne plus laisser filtrer une once de mélancolie, de n’avoir plus qu’une seule ligne de conduite : la gaieté à transmettre à ses enfants. Cela ne se fait pas sans encombres car la tristesse, fourbe, attend patiemment, cherchant n’importe quel interstice pour se glisser à nouveau dans la vie de Louise. Une odeur, un souvenir, tout peut être prétexte à la brèche. Et des brèches, il y en a des tonnes possibles car Louise a eu une enfance sombre et triste : des parents séparés, un père flamboyant mais absent, une mère « camée » en permanence, des brimades de la part d’une ribambelle de belles mères. Lire la suite »

Bridget Jones, Folle de lui de Helen Fielding

Bridget Jones Folle de lui Helen Fielding

Hello les bouquineurs !

Et voilà, c’est la rentrée et après avoir fait le plein de soleil et surtout le plein de lectures, me revoici pour vous parler de quoi ? En vrai, j’aurais aimé vous faire un billet intelligent sur tout ce qui me bouleverse et m’horrifie depuis ces derniers jours sur le traitement indigne que subissent les réfugiés en Europe mais je ne m’en sens pas capable, pas sûre de trouver les bons mots. Alors, je reste sur un thème que je connais : les livres.

De la futilité donc avec le dernier Bridget Jones qui plus est. Tant d’attentes, d’espoirs et de craintes mêlés avant de l’entamer… Et qu’en est-il alors ?

Petit point d’abord sur la 4ème de couverture :

Que faire lorsque votre toy boy fête ses 30 ans le soir où votre meilleure amie célèbre ses 60 ans ?
Est-il moralement condamnable d’aller chez le coiffeur quand vos enfants ont attrapé des poux ?
Est-ce mal de tricher sur son âge sur les sites de rencontre ?

Confrontée à ces graves problèmes, et à quelques autres non moins angoissants, Bridget relève courageusement le défi d’élever seule deux jeunes enfants, d’apprendre à maîtriser tweets et textos et, surtout, redécouvre sa sexualité à l’heure de – aïe ! le mot qui fâche – l’âge mûr.

À la fois tendre, touchant, mélancolique et absolument hilarant, le retour tant attendu de notre Anglaise préférée.

Quand j’ai entendu parler, il y a quelques mois, de la sortie du nouveau Bridget Jones, j’ai sauté au plafond de joie. « Hourra, she’s back !  » jubilais-je alors. Puis, j’ai entendu que Bridget était quinqua (Why not) et surtout qu’Helen Fielding avait liquidé Mark Darcy. « What the fuck !!!  » ai-je aussitôt braillé en mon for intérieur (oui, je peux être un poil grossière quand je me parle à moi même).
Quand même, Bridget, veuve qui a un toy boy, est-ce que tout cela n’était pas un peu ridicule ? Lire la suite »

La femme au carnet rouge d’Antoine Laurain

femme carnet rouge

Envie de vous pendre après avoir regardé les infos ?
Un peu de douceur alors dans ce monde de brutes avec un livre que j’avais aperçu en broché chez ma sœur l’année dernière. Le titre m’avait interpellé et carrément donné envie. Et puis, le temps est passé, je n’y ai plus pensé jusqu’à ce que mes yeux tombent sur cette très chouette couverture en poche.

Et justement, qu’en dit la 4ème de couverture ?

Un matin à Paris, alors qu’il ouvre sa librairie, Laurent Letellier découvre dans la rue un sac à main abandonné.

Curieux, il en fait l’inventaire et découvre, faute de papiers d’identité, une foule d’objets personnels : photos, parfum… et un carnet rouge rempli de notes. Désireux de retrouver la propriétaire du sac, Laurent s’improvise détective. À mesure qu’il déchiffre les pages du carnet contenant les pensées intimes de l’inconnue, le jeu de piste se mue progressivement en une quête amoureuse qui va chambouler leurs vies.

Alors oui, d’emblée, on pourrait trouver quelques défauts à ce livre : Lui… Elle… Paris… Une histoire un peu convenue, des personnages et une description de la capitale un peu clichés. Peut-être bien, mais c’est aussi ce qui permet de plonger à fond dans l’histoire. On s’attache aux personnages et on sent d’ailleurs que l’auteur a pris plaisir à les dépeindre. Quelques éléments sont un peu trop appuyés (Laure et Laurent, carnet rouge et cahier rouge), un peu plus que des signes du destin.

Et même si la fin semble hautement prévisible, j’avoue que j’ai été complètement charmée et je me suis laissée embarquée par cette histoire avec plaisir, je l’ai savourée jusqu’à la dernière page. Peut être suis-je un peu chamallow en ce moment.

Au-delà de la quête amoureuse et de la romance, c’est également un livre où il est question de nos choix de vies, de la nostalgie du passé et de l’importance d’aller de l’avant pour tenter de se réaliser. Lire la suite »