La gaieté de Justine Lévy

la gaiete Justine LevyPendant les vacances, folie douce, j’ai pris ma carte à la médiathèque. Bon, en soi, çà n’a rien d’exceptionnel, mais après mon petit caca nerveux de la dernière fois, c’est un bon moyen de me motiver à lire plus (magie de la date butoir !) et de sortir un peu de ma zone de confort avec des titres que je n’achèterais pas forcément.

En flânant au milieu des rayonnages, mes yeux se sont posés sur cette couverture noire : Une photo, un titre La gaieté et une auteure, Justine Lévy, dont j’avais lu il y a longtemps le premier roman Rien de grave qui ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable. Pas plus convaincue que çà, j’ai retourné le bouquin et parcouru la 4ème de couverture.

Et là, la claque :

« C’est le paradis, c’est mon paradis, je ne sais pus rien de la politique, des livres qui paraissent, des films, des projets de Pablo, de l’autre vie, la leur, c’est comme un jeûne, une ascèse puéricultrice, c’est comme si j’avais été opérée de ma vie d’avant, je ne sais pas si çà reviendra, je ne sais même pas si je le souhaite, j’adore cette nouvelle vie de mère de famille un peu débile mais résignée, les jours cousus les uns aux autres par l’habitude et la routine, je me voue entière à mes enfants, je les tiens fort dans mes bras, je les tiens fort par la main, et bien sûr qu’eux aussi me tiennent et qu’ils m’empêchent de tomber, de vriller, bien sûr qu’eux aussi me rassurent, me comblent, me protègent et me procurent cette joie bizarre, assez proche de la tristesse peut-être, parce que je vois bien que ce n’est plus seulement de l’amour, çà, au fond, c’est de l’anéantissement. »

Boum, identification directe, j’ai eu envie de le dévorer de suite. Un roman sur la parentalité qui vous engloutit, qui vous noie presque, je pourrai ne lire que çà en ce moment.

L’histoire ? Louise est une nana bien bien dépressive. Elle a essayé tous les anxiolytiques possibles, de même que les drogues et autres alternatives pour contenir sa tristesse. Jusqu’au jour où, tombant  enceinte, elle décide de ne plus laisser filtrer une once de mélancolie, de n’avoir plus qu’une seule ligne de conduite : la gaieté à transmettre à ses enfants. Cela ne se fait pas sans encombres car la tristesse, fourbe, attend patiemment, cherchant n’importe quel interstice pour se glisser à nouveau dans la vie de Louise. Une odeur, un souvenir, tout peut être prétexte à la brèche. Et des brèches, il y en a des tonnes possibles car Louise a eu une enfance sombre et triste : des parents séparés, un père flamboyant mais absent, une mère « camée » en permanence, des brimades de la part d’une ribambelle de belles mères. Lire la suite »

La voleuse de livres de Markus Zusak

Difficile de venir alimenter mon blog, laissé à l’abandon faute de réussir à terminer le moindre livre depuis des mois et des mois.

Et pourtant, au milieu de ce désert littéraire, parsemé, ici et là, de nombreux ouvrages commencés puis lâchement abandonnés, j’ai eu le bonheur de faire une jolie découverte. La voleuse de livres, un livre fort dont j’avais entendu parlé il y a longtemps, sans pour autant avoir eu envie de m’y mettre…. et je suis bien contente d’avoir, finalement, franchi le pas  !

 voleuse livres

Qu’en dit la 4ème de couverture ?

Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller sa curiosité. Liesel Meminger y est parvenue. Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois, la Mort s’est arrêtée. Est-ce son destin d’orpheline dans l’Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ? Ou bien sa force extraordinaire face aux événements ? A moins que ce ne soit son secret… Celui qui l’a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : la Voleuse de Livres.

Dès les 1ères pages, le ton est donné. L’histoire est racontée du point de vue de la Mort et c’est plutôt déroutant, puisqu’elle nous apostrophe, et assez paradoxalement, réussit à nous fait sourire. Enfin, seulement un temps, car on est rapidement happés par la noirceur de son récit. Car la Mort qui nous raconte son quotidien pendant la seconde guerre mondiale, c’est loin d’être une franche partie de rigolade… Lire la suite »